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Tome premier.
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maux qui ont déchiré l’Eglise depuis le commen-cement du seizième siècle (i).

Théodore de Bèze avait toujours été le disciplele plus fidèle de Calvin ; il succéda à son maîtrecomme chef de l’Eglise de Genève (il en était au-paravant le coadjuteur). Bèze, né à Vézelay, en Bour-

(i) Un voyageur anglais, en parlant de Genève, fait lesréflexions suivantes au sujet de Calvin et de la haine de ceréformateur contre Servet (l’auteur est protestant):

«.Si nous réfléchissons à son arrogance et à sa du-

« reté ; si, surtout, nous nous rappelons la persécution« cruelle qu’il intenta contre Servet, nous ne pouvons que«gémir de ce qu’il ne s’éleva pas au-dessus des principes« d’intolérance du siècle qu’il avait éclairé (*). Nous som-« mes, il est vraij forcés de convenir que le même esprit« caractérise la plupart des plus célèbres réformateurs, qui« se persuadaient que la persécution pour cause de reli-« gion, impie dans toutes les autres sectes, pouvait être«justifiée seulement dans celle qu’ils défendaient. Cette« maxime, également dangereuse et absurde, aussi contraire« à l’esprit qu’aux préceptes de l’Evangile, a donné beau-« coup d’avantage aux catholiques romains leurs adversai-« res; car le génie le plus borné concevra facilement que,« si la persécution est légitime dans une Eglise particulière,« elle doit l’être généralement dans toutes. » ( Voyage enSuisse, traduit de l’anglais de William Coxe. Paris, 1790.Trois vol. in-8°, lettre LXII.)

(*) Le mot n’est pas juste. Calvin n’avait point éclairé son siècle ;il l’avait, au contraire bouleversé par ses doctrines dangereuses.