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Tome premier.
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Guise, qui assiégeait Orléans, Bèze fit éclater la plusgrande joie en apprenant cette nouvelle; il s’efforçamême de donner à ce crime la couleur d’une actionméritoire. Un tel scandale de la part de Bèze n’a-vait rien d étonnant, puisque déjà il avait publié unpetit traité pour servir d’apologie au jugement etau supplice de Servet (i). Des fautes si graves dés-honorent la mémoire de ce ministre, et suffiraientmême pour la rendre odieuse, si ses connaissancesen littérature (sans qu’elles puissent toutefois jus-tifier ses erreurs et sa conduite) ne l’eussent fait dis-tinguer parmi les savans de son siècle. Calvin l’ayantnommé recteur de l’Académie de Genève, en i55g,il donna la preuve d’un talent supérieur en dirigeantcette institution célèbre, qui a produit tant d’hommesillustres dans les sciences et dans les lettres; il futmême le véritable fondateur de cette Académie, dontCalvin avait refusé le titre de recteur.

Le caractère de Bèze s’était un peu adouci versles dernières années de sa vie. Saint François deSales, plein d’estime pour ses talens, et sachant

(i) De Hasreticis à civili magistrat'u puniendis (un volume.)Cet ouvrage de Bèze fut traduit en français sous ce titre •.Traité du droit que les magistrats ont de punir les hérétiques.Genève, i56o. In-8°.