quelle influence ce ministre exerçait sur l’esprit desCalvinistes, avait tenté quatre fois, mais sans succès,de le ramener à la religion catholique. Dans lapremière conférence qu’ils eurent ensemble, Bèze,alors âgé de soixante et dix ans, loin de témoigner dela répugnance pour l’Eglise romaine, s’empressa dedéclarer qu’on pouvait se sauver dans son sein. Lesdeux controversistes se firent réciproquement beau-coup de politesses, et Bèze, en accueillant le saintavec distinction, le combla de louanges sur ses ver-tus et sur ses talens. Mais, bien que tout l’avantagefut resté du côté de François, celui-ci ne put obte-nir aucun résultat satisfaisant. Il en fut de mêmedes autres conférences : Bèze ne se rendit pas.Néanmoins, à la troisième entrevue, les raisons deFrançois de Sales, dont la douceur l’avait charmé,l’ébranlèrent tellement qu’en prenant congé de lui,et lui serrant la main, il laissa échapper ces parolesavec un grand soupir : Si je ne suis pas dans le bonchemin (dit-il), je prie Dieu tous les jours que, parson infinie miséricorde, il lui plaise de m ’y mettre.
François de Sales redoubla d’efforts à la qua-trième et dernière conférence, et fut encore parfai-tement accueilli de Théodore de Bèze; mais iléchoua de nouveau : malgré la douceur de son lan-