tion entre les soldats campes au dehors et ceux quiétaient dans la ville. Ces derniers, assaillis de toutesparts, et ne pouvant résister au nombre, accourenten toute hâte vers les échelles ; mais ne les trouvantplus, ils se précipitent en désordre du haut desmurs : la plupart périrent ou furent blessés dansleur chute. Brunaulieu, l’un des chefs, se défenditavec courage, et préféra mourir les armes à la mainplutôt que de survivre à sa honte. Beaucoup de Sa-voyards, postés à Plain-Palais, avaient voulu venirau secours de leurs camarades, ayant pris pour unsignal de détresse le coup de canon qui brisa leséchelles; mais une décharge à mitraille, de la partdes assiégés, fit un carnage horrible de ces malheu-reux, au moment où ils commençaient à descendreles fossés. Cette attaque, si fatale au duc de Savoie,coûta deux cents hommes à ce prince (i).
(i) Charles-Emmanuel, malgré le peu de succès de sesentreprises, passait, aux yeux de Henri IV et de Richelieu,pour le prince le plus habile de son temps; son éloquenceétait si persuasive, que les autres souverains craignaient detraiter avec lui en personne. Il aimait beaucoup les lettres,et s’exprimait avec facilité dans plusieurs langues de l’Eu-rope. Ce fut lui qui céda à la France, par le traité de 1601,la Bresse, le Bugey et le pays de Gex, en échange du mar-quisat de Saluc.es et de trois forteresses du Piémont.