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Les Genevois, qui perdirent peu de monde (i),avaient fait treize prisonniers, presque tous gentils-hommes. Ces infortune's seigneurs, livrés à la ven-geance d’un peuple furieux et irrité, furent touspendus le même jour. Us ne purent obtenir grâce,malgré les sommes considérables qu’ils avaient of-fertes pour conserver leur vie. Leurs têtes, aveccelles d’environ soixante soldats tués dans l’affaire,furent exposées sur le rempart même où l’escaladeavait eu lieu quelques heures auparavant, et les corpsfurent jetés dans le Rhône... Action blâmable, pourne pas dire atroce, qui, aux yeux de l’historienimpartial, sera toujours une violation du droit desgens et de la justice. Deux faits, que je vais rap-porter, prouveront que mon jugement sur cette con-duite de la part des Genevois est fondé, et que cepeuple était capable , malgré sa sagesse si vantéedepuis la Réformation, de commettre des horreurset de graves injustices.
Un des syndics impliqué, on ne sait trop à quelsujet, dans l’affaire de l’escalade, fut mis en juge-ment quatre fois sur le même fait, et reçut autantde sentences différentes. La première le déclara
(i) Us n’eurent que dix-sept hommes tués, et environtrente blessés.