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Tome premier.
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I JO

années i53o, 1545 et de 1567 à i5ÿ2. Plus tard,en i6i5, ce fléau devint si terrible qu’il enleva plusde quatre mille personnes en dix mois, c’est-à-direprès du tiers de la population, évaluée alors à douzeou à treize mille âmes. Les victimes étaient presquetoutes de la basse classe, ce qui fit soupçonnercertains individus, que l’on accusa de propager lacontagion de dessein prémédité. Le siècle précé-dent, cette affreuse erreur avait coûté la vie à ungrand nombre de malheureux, qui expièrent dans dessupplices horribles un crime qu’ils n’avaient peut-être point commis, ou dont rien ne prouvait qu’ilsfussent coupables : la torture seule avait pu leurarracher, au milieu des souffrances, des aveux con-traires à la vérité et à leur justification. Des hommeset des femmes furent brûlés vifs, tenaillés ou écar-telés. Les pasteurs envoyés à l’hôpital pestilentielétant morts, les autres, dit le régistre du Conseild’Etat, s’excusèrent d’y aller, priant le Conseil deleur pardonner leur faiblesse, Dieu ne leur ayantpas accordé la grâce d'affronter le péril (1). Quelcontraste avec la conduite de l'évêque et du clergéde Marseille, lorsque cette malheureuse ville fut dé-

( 1 ) Archives du 5 juin 1 54-3.