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Tome premier.
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ce genre de commerce en grand, offrent, ainsi queles autres, de quoi satisfaire les goûts les plus diffi-ciles. Les principaux ne'gocians et les banquiers sontfort riches : plusieurs maisons me furent désignéescomme jouissant d’une fortune très-considérable (x).J’appris encore que divers particuliers, retirés desaffaires ou vivant de leurs rentes, nageaient, pourainsi dire, dans l’or et dans l’abondance.

Les Genevois spéculaient autrefois sur les em-prunts des puissances étrangèi'es, et sur les révolu-tions dans le crédit des effets publics; souvent ilsplacèrent, dans le siècle dernier, des capitaux énor-mes sur divei’ses banques de l Europe : Ce qui estbien étonnant, sans doute, de la part d’une ville dé -pouivue de territoire; mais alors elle était parvenueau plus haut point de prospérité et de grandeurqu’il soit possible d’imaginer. Les Genevois jouis-saient paisiblement de leurs dix-sept millions derentes dans les fonds français, lorsque la révolutionvint à éclater; il y en avait à peu près douze pourleur propre compte, répartis sur une petite popula-tion de vingt-quatre ou vingt-cinq mille âmes. Huitmillions furent engloutis dans la banqueroute géné-

(i) J’avais des lettres de recommandation pour deux deces maisons à grosse fortune.