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Tome premier.
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raie : ce qui devint la ruine de plusieurs familles,en compromettant l’existence de beaucoup d’autres.

Malgré la fortune considérable de quelques mai-sons de Genève, on peut dire qu’autrefois la répu-blique n’était guère riche : il y a quelques années,ses revenus annuels n’excédaient pas six cent millefrancs; mais aujourd’hui ils s’élèvent à près d’unmillion. Les dépenses du gouvernement sont entre-tenues de différens domaines qui appartiennent àl’Etat, de l’impôt foncier, d’un impôt personnelappelé taxe des gardes, des droits d’enregistrement,de timbre et d’hypothèques ; enfin, de ceux d’oc-troi et de douane, qui sont assez médiocres. L’Etatretire encore un bénéfice sur la vente du sel et surle produit de la poste aux lettres; mais la plupart deces droits ne peuvent écraser les citoyens, tant ilssont minimes; et le gouvernement aurait bien de lapeine à les augmenter ou à en établir d’autres, vula répugnance excessive que témoignent les Gene-vois pour les impôts même les moins onéreux.

Des lois somptuaires interdisaient autrefois à Ge-nève l’usage des pierreries, du galon, de la doruredans les appartemens et même autour des glaces;les miroirs seuls étaient exceptés. Les dentelles setrouvaient également proscrites, ainsi que l’usage