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Tome premier.
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où il était caché, et on le mit dans des tonneauxpour l’envoyer à Berne avec les autres dépouillesdes temples et des maisons religieuses. Deux ou troischanoines apostasièrent ; les autres, ne voulant pointimiter cette insigne lâcheté, se retirèrent à Evian, enSavoie, où ils furent suivis par les ecclésiastiquesfidèles à la vraie religion. Les Bernois, qui confis-quaient à leur profit les biens des monastères et duclergé, publiaient, par un contraste singulier, desordonnances sévères pour réformer les mœurs danstoutes les classes de citoyens (i).

En 1 53g, le Conseil de Lausanne, animé sansdoute d’un esprit de réforme, fit démolir les églisesparoissiales de Saint-Pierre, de Saint-Paul et deSaint-Etienne : les matériaux servirent aux répara-

(i) Dans l’une de ces ordonnances, il était dit que « les« gloutons ou gourmands, c’est-à-dire ceux qui mangeront« et boiront plus qu’ils ne peuvent porter, paieront dix florins« d’amende.» Quelques années après, les femmes ne furenttaxées qu’à la moitié de cette somme ; mais les ecclésiasti-ques et les fonctionnaires de l’Etat, convaincus du mêmedélit, devaient être privés de leurs places. On condamnaità trente sous d’amende ceux qui invitaient les autres à boireavec excès. Les danses, déclarées scandaleuses, étaient in-terdites sous peine de trois florins d’amende ; toutefois onpermettait trois honnêtes danses pour les jours de noces.