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Tome premier.
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pas abandonne à lui-mème dès son jeune âge. Deplus, les liaisons qu’il contracta avec les philoso-phes de son siècle le perdirent entièrement : ilpuisa dans la capitale de la France ces maximesdangereuses que propageait alors la secte des d’A-lembert., des Diderot, des Helvétius, des d’Hol-bach , dont les idées se répandaient dans nos pro-ouvrages : c’est en conversant avec son père (*), et en li-sant la Vie des Hommes illustres de Plutarque, lorsqu’ileut renoncé à la lecture fastidieuse des romans.

«Je préférai bientôt (dit-il) Agésilas, Brutus, Aristide« à ürondate, Artamène et Juba. De ces intéressantes lec-«tures, des entretiens qu’elles occasionnaient entre mon« père et moi, se forma cet esprit libre et républicain, ce« caractère indomptable et fier, impatient de joug et de ser-« vitude, qui m’a tourmenté tout le temps de ma vie dans« les situations les moins propres à lui donner l’essor. Sans« cesse occupé de Rome et d’Athènes, vivant pour ainsi dire« avec leurs grands hommes, né moi-même citoyen d’une« république, et fils d’un père dont l’amour de la patrie était« la plus forte passion, je m’en enflammais à son exemple,« je me croyais Grec ou Romain. ; je devenais le personnage« dont je lisais la vie : le récit des traits de constance et« d’intrépidité qui m’avaient frappé, me rendait les yeux etin-« celans et la voix forte. Un jour que je racontais à table l’a-« venture de Scévola, on fut effrayé de me voir avancer et« tenir la main sur un réchaud pour représenter son action. »

(*) Le père <lc Rousseau descendait d’un libraire de Paris, qui futobligé de quitter la France, en i5jg, à cause de «on attachement aucalvinisme.