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vinces avec une effrayante rapidité. Il est vraiqu’ensuite les mêmes hommes lui suscitèrent d’o-dieuses persécutions, et firent payer cher à leuragrégé l'honneur de leur connaissance. On ne peutqu’attribuer à des jalousies d’e'çrivains cette con-duite inexplicable des prétendus amis de Rousseau,laquelle est encore de nos jours une énigme : leurmérite littéraire devait s’éclipser, en effet, devantcelui d’un rival qui les surpassa tous par son élo-quence, par la douceur et la beauté de son style.Mais il suça leurs principes, et devint à son tourl’un des coryphées du parti. Le tableau hideux queJean-Jacques trace lui-même de ces compagniesde libertins et d’impies où il eut le malheur des’égarer, donne lieu aux réflexions les plus péni-bles, et n’inspire que des sentimens de dégoût (i).
J’ai avancé que Rousseau donna plusieurs foisdes marques extérieures de religion. Il se plaît àraconter, dans ses Mémoires, la vive jouissanceque lui faisait éprouver la lecture de la Bible, lec-ture qu’il dit avoir même renouvelée jusqu’à cinqou six fois de suite. Les divines Ecritures lui of-fraient tant de charme qu’il les dévorait dans sonlit, et ne cessait de les lire que lorsque le sommeil(i) Voyez la note (F) à la fin du volume.