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discrétion d’un jeune Bernois, que M. R*** B***,condamne' pour faux à huit ans de détention, ou detravaux forcés, avait expié quelque temps son crimedans l’une des prisons de la'ville (i). Le public futattentif à garder le silence sur l’acte scandaleux de ceministre, ou du moins n’avait pas cherché à enrépandre la nouvelle, pour qu’elle vînt à la con-naissance de tout le monde : un sentiment de pu-deur ou de respect pour la religion l’avait retenu.Notre conduite, en France, est bien opposée à celledu peuple vaudois! Lors du procès de Mingrat oude Contrafatto, les trompettes de la Renomméen’eurent pas assez de voix pour annoncer en touslieux le forfait de ces malheureux prêtres : les jour-naux , les brochures, les feuilles périodiques s’em-pressaient, comme à l’envi, de publier, jusque dansleurs moindres détails, les circonstances de deux
(i) M. R*** B***, convaincu de faux en écriture pri-vée et de diverses escroqueries, avait été condamné auxfers en janvier 1826. Mais il n’a pu achever son temps : ilest mort de chagrin, et à la suite d’une blessure involon-taire qu’il s’était faite, le 20 mai 1829. Il portait, commeles autres forçats, un gros fer autour du cou.
Je pourrais nommer ce ministre : je m’en abstiens pourdes motifs que l’on appréciera, et surtout à cause de la fa-mille respectable à laquelle il appartenait.