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Tome premier.
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Je parcourus avec un plaisir inexprimable lessites varie's et pittoresques des environs de Lau-sanne. Je vis partout des bosquets charmans, desjardins de'licieux , des prairies et des vergers où

en Sicile, le 3 septembre 1798, et que ce fut peu de moisaprès son arrivée en France qu’on le traduisit, pour crimede viol, devant les tribunaux. Ses yeux se mouillaient delarmes au souvenir du scandale de son procès, et il parais-sait ému en voyant combien je prenais part à sa triste si-tuation. On doit le penser, je ne m’avisai point de lui de-mander s’il était coupable ou non ; car c’est une règle assezgénérale parmi les galériens de dire qa’i/s sont inriocens, quela justice s’est trompée à leur égard, ou <\u'elle a été induite enerreur par de faux témoins. Je doute, cependant, que Conlra-falto eût voulu mentir : ses manières me paraissaient tropfranches, trop ouvertes, et je jugeais de sa sincérité à cetair de candeur que je lui trouvais, et auquel, certainement,j’étais loin de m’attendre. Il couche à l’hôpital du bagne, etdans un Ut: privilège que n’ont point les autres condamnés,dont le repos de la nuit consiste à se rouler dans une cou-verture sur des planches.

Contrafatto a une petite bibliothèque dans sa chambre :il y trouve quelque adoucissement à ses peines. Je vis sursa table un Bréviaire romain, un Diumal, une Journée duChrétien, et d’autres livres de prières. Il ne manque pointde dire tous les jours son Bréviaire : je tiens cela de lui-même. « La religion , me disait-il en italien , me consoledans mon affreux malheur, et j’espère en la bonté, en lamiséricorde du Souverain-Juge. » Il lit le journal très-as-sidûment : c’était le Constitutionnel qu’il avait alors sur sa