l’historien essayer d’abord de rabaisser le couragehéroïque des martyrs de la foi, puis célébrer en-suite avec une joie indicible les féroces exploits deTamerlan et des Tartares? Us attaquèrent principa-lement les quinzième et seizième chapitres, les plusrépréhensibles du même volume. Tout en niantl’autorité des miracles, Gibbon leur attribue néan-moins la conversion de l univers, de même qu’il re-garde l’intolérance des empereurs romains et leurspersécutions (dont il s’efforce d’adoucir le tableau)comme l’une des causes des progrès étonnans duchristianisme. On le dirait ami de la religionpaïenne, lorsqu’on le voit déplorer avec une sortede chagrin l’anéantissement du culte des faux dieux.Il convient lui-même de ce penchant ridicule, dansune lettre qu il écrivait au lord Shefield. L’Egliseprimitive, dont j’ai parle un peu familièrement, dit-il, était une innovation, et J ETAIS ATTACHÉ A u’AN-CIEN ÉTABLISSEMENT DU PAGANISME. Il conserva lemême esprit de vertige et d’incrédulité dans les se-cond et troisième volumes , publiés en 1781. Lestrois derniers, auxquels l’auteur travailla pendantson séjour à Lausanne, parurent en 1788; ils 11esont guère moins exempts de reproches (1).
(1) L’ouvrage complet forme 6 vol. in- 4 ° ou 18 vo). in-8\