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l'ouvrage de Gibbon , maigre' tous les reprochesdont il est digne, vivra dans la poste'rite' comme unmonument de l'érudition et des talens de son au-teur (i).
(i) M. Guizot, qui a étudié les écrits de Gibbon avec uneattention scrupuleuse, s’exprime ainsi en faisant l’analyse etla critique de Yîlistuire de la décadence et de la chute de l’Em-pire. romain :
« Ce n’est point un simple récit des évènemens qui ontagité le monde romain depuis l’élévation d’Auguste jusqu’àla prise de Constantinople par les Turcs ; l’auteur a cons-tamment associé à ce récit le tableau de l’état des finances,des opinions, des mœurs, du système militaire, de cescausesde prospérité ou de misère, intérieures et cachées, qui fon-dent en silence ou minent sourdement l’existence et le bien-être de la société. Fidèle, à cette loi reconnue, mais négli-gée, qui ordonne de prendre toujours les faits pour basedes réflexions les plus générales, et d’en suivre pas à pas lamarche lente, mais nécessaire, Gibbon a composé ainsi unouvrage remarquable par l’étendue des vues, quoiqu’on yrencontre rarement une grande élévation d’idées, et pleinde résultats intéressans et positifs, en dépit même du scep-ticisme de l’auteur. »
« J’ai rencontré dans certains chapitres ( dit ailleursM. Guizot) des erreurs qui m’ont paru assez importanteset assez multipliées pour me faire croire qu’ils avaient étéécrits avec une extrême négligence; dans d’autres, j’ai étéfrappé d’une teinte générale de partialité et de préventionqui donnait à l’exposé des faits ce défaut de vérité et dejustice que les Anglais désignent par le mot heureux de