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Gibbon était d’une corpulence remarquable, safigure d'une grosseur monstrueuse, et sa taille gé-néralement disproportionnée. Ses traits , quoiqueSpirituels, n’avaient rien d’agréable. M. Suard, quil’avait vu à Londres, «à Paris et à Lausanne, en afait le portrait suivant: « Ce grand écrivain, dit-il,« avait une figure irrégulière, un nez qui s’effacait
misrepresentation; quelques citations tronquées, quelquespassages omis involontairement ou à dessein, m’ont rendususpecte la bonne foi de l’auteur ; et cette violation de lapremière loi de l’histoire, grossie à rnes yeux par l’atten-tion prolongée avec laquelle je m’occupais de chaque phrase,de chaque note, de chaque réflexion, m’a fait porter sur toutl’ouvrage un jugement beaucoup trop rigoureux. »
C’est sans doute par excès d’indulgence pour l’auteur queM. Guizot dit avoir porté un jugement trop rigoureux surl’ Histoire de la décadence et de la chute de l’Kmpice romain. Eneffet les lecteurs chrétiens, ceux mêmes les moins préve-nus, ne pourront s’empêcher de condamner l’esprit danslèquel cet ouvrage a été généralement écrit; et si Gibbonn’est pas un ennemi déclaré de la religion comme Voltaire,il n’en est pas moins dangereux par ses sophismes et parses attaques réitérées contre le christianisme. 11 serait à sou-haiter qu’une main habile fît disparaître les taches nom-breuses qui nuisent au mérite de cette production remar-quable.
Le tome sixième du Spectateur français au dix-neuvièmesiècle contient une réfutation assez étendue des chapitres XVet XVI de l’Histoire de Gibbon.