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Tome premier.
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« par la proéminence de ses joues, un corps volu-« mineux porté sur deux jambes très-fluettes; il pro-« nonçait avec affectation et d’un ton de fausset la« langue française, qu’il parlait d’ailleurs avec une« correction peu commune. » M. le doyen Bridel,dont j’aurai l’occasion de parler dans la suite, et queGibbon admettait fort souvent à sa table, m’a donnésur cet historien des renseignemens conformes auportrait tracé par M. Suard. Le célèbre écrivain,lorsqu’il avait invité quelqu’un, tenait à ce que l’onfût rendu chez lui à l’heure précise du rendez-vous : sans quoi l’on était accueilli de fort mauvaisegrâce. La nature avait favorisé Gibbon d’un appétitextraordinaire : il dînait et soupait copieusementtous les jours, et après chaque repas il avalait degrandes tasses de café. Sa conversation, malgré dessingularités assez ordinaires aux grands philosophesqui pensent et réfléchissent, était brillante, animée,et fort instructive pour les personnes qu’il admet-tait dans sa société. Avec cela il était doué d’unemémoire prodigieuse. Gibbon dans scs repas, medisait encore M. Bridel, ne parlait jamais contre lareligion, malgré toute l’ardeur de ses principes phi-losophiques. Sur la fm de ses jours, il parut mêmetrès-repentant de ses attaques dirigées contre le