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trois lieues le long du lac, depuis Vevey jusqu’auxportes de Lausanne (x), et qui s’élève à une hauteurconsidérable sur la pente méridionale du Jorat. Cechef-d’œuvre d’industrie agricole a quelque chosede frappant au premier coup-d’œil : on voit avecsurprise une innombiable quantité de terrasses re-couvertes de vignes, et qui forment en divers en-droits un amphithéâtre de quarante étages placésles uns au-dessus des autres. De petits escaliers,construits en dehors des murs de revêtement, éta-blissent une communication assez facile d’une ter-rasse à l’autre. Mais ce qui étonne prodigieusement,c’est que la plupart de ces monts artificiels sonten grande partie composés de terre apportée de lacôte de Savoie (surtout des environs d’Evian ) :travail immense, qui a dû coûter beaucoup de peine,de temps et de persévérance aux habitans de cettecontrée industrieuse. Les montagnes sur lesquellesce terrain a été placé à si grands frais, n’étaientautrefois que des rochers stériles et inaccessibles :il est donc vrai de dire que le nouveau sol a été en-
(i) Il faut être exact : le vignoble de La Vaux propre-ment dit commence à demi-lieue sud-est de Lausanne , etfinit à pareille distance de Vevey, à l’occident de cettedernière ville. Telle est du moins l’observation qui m’ena été faite sur les lieux.