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Tome premier.
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même, en parlant de son jeune âge : « Sans être ce« qu’on appelle un beau garçon, j’étais bien pris dans« ma petite taille ; j’avais un joli pied, la jambe fine,« l’air dégagé, la physionomie animée, la bouche« mignonne (i), les sourcils et les cheveux noirs, les« yeux petits et même enfoncés, mais qui lançaient« avec force le feu dont mon sang était embrasé. » Leson de sa Voix, me disait M. Levade, était d’une dou-ceur fort agréable, et son chant avait beaucoup d’ex-pression.

M< Levade, actuellement âgé de quatre-vingt-sixans, me racontait que se trouvant à Paris, en 1772,il voulut voir le fameux philosophe de Genève, dontla personne et les ouvrages faisaient alors le sujetde toutes les conversations de l’Europe. Lorsqu’ilse présenta chez Rousseau, la femme de ce dernier(Thérèse Le Vasseur) vint lui ouvrir la porte, et luidemanda assez brusquement ce qu’il désirait : Quespuhaitez-vous? dit-elle de mauvaise humeur.— Jevoudrais parler à monsieur Jean-Jacques Rous-seau. — Monsieur Jean-Jacques Rousseau! répli-qua-t-elle plusieurs fois en rechignant; dites doncmonsieur Rousseau (il paraît que le nom de Jean-

(1) .... Avec de vilaines dents, ajoute-t-il dans le manuscritde ses Mémoires conservé à Paris (premier cahier, page 23 ).