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Tome premier.
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DE LA PRODUCTION DES RICHESSES. §g

généralement répandue, c’est que l’épargne nuit à laconsommation. Toute épargne , pourvu qu’elle soit re-placée , ne diminue en rien la consommation, et, aucontraire, elle donne lieu à une consommation qui sereproduit et se renouvelle à perpétuité, tandis qu’uneconsommation improductive ne se répète point.

On remarquera aussi que la forme sous laquelle lavaleur épargnée se trouve être épargnée et réem-ployée , ne change rien au fond de la question ; ellel’est avec plus ou moins davantage selon l’intelligenceet la position de l’entrepreneur. Rien ne s’oppose àce que cette portion de capital n’ait été accumulée sansavoir été un seul instant sous la forme de monnaied’argent. Un des produits épargnés peut avoir étéplanté ou semé avant d’avoir subi aucun échange ; lebois qui aurait inutilement chauffé des appartemenssuperflus, peut se montrer en palissades, s’élever encharpente ; et d’une portion de revenu qu’il était aumoment de la coupe, devenir un capital après avoirété employé.

Or, c’est cette épargne ou ce réemploi des pro-duits créés au-delà de ceux qu’on a consommés , quiest la seule maniéré d’augmenter le capital productifdes particuliers, ainsi que la masse de tous les capi-taux de la société. Accumuler des capitaux produc-tifs , ce n’est pas entasser des valeurs sans les con-sommer, c’est les soustraire à une consommationstérile pour les vouer à une consommation reproduc-