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Tome premier.
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338 LIVRE I, CHAPITRE 21.

scure, on obligeait les particuliers à compter tantôtpar livres et par sous, tantôt par ecus , et à payer enpièces qui n’étaient ni des livres , ni des sols, ni desécus, mais seulement des fractions ou des multiplesde ces monnaies de compte. Il est impossible de voirdans tous les princes qui ont eu recours à ces misé-rables ressources, autre chose que des faussaires armésde la puissance publique.

On comprend le tort qui devait en résulter pour labonne foi, pour l’industrie , pour toutes les sourcesde la prospérité ; il a été tel qu a plusieurs époquesde notre histoire, les opérations monétaires ont miscomplètement en fuite toute espèce de commerce.Philippe le Bel fit déserter nos foires par tous les mar-chands étrangers en les forçant à recevoir en paye-ment sa monnaie décriée, et en leur défendant decontracter en une monnaie qui leur inspirait plus deconfiance (i). Philippe de Valois fit de meme à l’égarddes monnaies d’or. Pareil effet s’ensuivit. Un historiende son temps (2) dit que presque tous les marchandsétrangers cessèrent de venir trafiquer dans le royaume ;que les Français même, ruinés par ces fréquens chan-gemens dans les monnaies et l’incertitude de leursvaleurs, se retirèrent en d’autres pays; et que lesautres sujets du roi, nobles et bourgeois, ne se trou-

(1) Le Blanc , Traité historique des Monnaies, page 27,fa) Mathieu 'Viilani.