4o8 LIVRE I, CHAPITRE 22.
quelle possédait. La caisse d’escompte de Paris, en1788, dominée par le gouvernement d’alors, eut re-cours à des subterfuges qui ne valaient pas mieux.
Le bénéfice que font les banques de circulationest très-considérable. La portion de leurs billets qui apour gage des lettres-de-change leur porte intérêt;car ces effets ont été achetés sous la déduction del’escompte. Quant à la portion des billets qui a pourgage des espèces gardées en caisse, l’intérêt qu’ellerapporte n’est que l’intérêt des fonds qui existent enespèces dans la caisse ; ce n’est pas un bénéfice.
La banque d’Angleterre et celle de France ne fontdes avances que sur des lettres-de-change, et n’ac-cordent de crédits que jusqu’à concurrence des som-mes laissées entre leurs mains : elles se dédommagentde l’embarras de recevoir et de payer pour des par-ticuliers , en fesant valoir les fonds que le mouvementdes affaires laisse accidentellement entre leurs mains.
Ces deux banques se chargent en outre, moyen-nant une commission, du payement des rentiers del’état, et même font des avances à leurs gouverne-mens.
Ces diverses opérations augmentent leurs bénéfi-ces , mais la dernière est totalement contraire à leurbut, ainsi qu’on le verra tout-à-l’heure. Les avancesfaites à l’ancien gouvernement de France par la caissed’escompte, et au gouvernement anglais parla banqued’Angleterre, ont mis ces établissemens dans la né-