4ü | LIVRE II, CHAPITRE 4.
Le contraire arrivera un jour lorsque les états eu-ropéens, plus éclairés sur leurs vrais intérêts, aurontrenoncé à toutes leurs colonies sujettes, et auront jetédes colonies indépendantes dans les contrées équi-noxiales les plus voisines de l’Europe, comme danscelles de l’Afrique. Les vastes cultures qui s’y ferontdes denrées que nous appelons coloniales , les procu-reront à l’Europe avec une abondance extrême , etprobablement à des prix très-modiques. Les négociansqui auront des approvisionnemens faits aux prix an-ciens , perdront sur leurs marchandises ; mais tout cequ’ils perdront sera gagne par les consommateurs quijouiront pendant un temps de ces produits à un prixinférieur aux frais qu’ils auront occasionnés ; peuà peu les négocians remplaceront des marchandiseschèrement produites, par des marchandises pareillesprovenant d’une production mieux entendue , et lesconsommateurs jouiront alors d'une douceur de prix etd’une multiplication de jouissances qui ne coûtera plusrien à personne, car les marchandises reviendrontmoins cher aux négocians qui les vendront moinscher; et il en résultera au contraire un grand dévelop-pement d’industrie et de nouvelles voies ouvertes àla fortune (1).
(1) C’est ce que Buonaparte aurait pu opérer avec les-vastes moyens dont il a pu disposer. Il aurait civilisé, enri-chi, et peuplé le monde au lieu de le ravager. Un jour vicn-