DE LA DISTRIBUTION DES RICHESSES. 53
Ainsi quoique la plupart des revenus, c’est-a-dire,des valeurs produites, se résolvent pendant un mo-ment en monnaie, ce n’est point cette monnaie, cen’est point une somme d’argent qui fait le revenu : lerevenu est la valeur avec laquelle on a acheté lasomme d argent ; et comme cette valeur se trouvefort passagèrement sous forme de monnaie, les mêmesécus servent bien des fois dans l’année à payer ou àrecevoir des portions de revenu.
Il y a même des portions de revenu qui ne pren-nent jamais la forme d’une sommé d’argent. Un ma-nufacturier qui nourrit ses ouvriers, leur paye uneportion de leur salaire en nourriture ; ce salaire, quifait le principal revenu de l’ouvrier, est acquitté ,perçu, et consommé sans avoir été un seul instanttransformé en monnaie.
Il y a tel cultivateur aux États-Unis et ailleurs, quitrouve dans le produit de sa ferme, la nourriture ,l’abri, le vêtement de toute sa famille ; il reçoit toutson revenu en nature, et le consomme de même sansl’avoir transformé en argent.
Cela suffit, je pense , pour mettre en garde contrela confusion qui pourrait naître de l’argent qu’on tirede son revenu, avec le revenu lui-même ; et il de-meurera constant que le revenu d’un particulier, oud’une nation , n est point 1 argent qu’ils reçoivent enéchange des produits créés par eux , mais bien cesproduits eux-mêmes ou leur valeur, qui est suscep-