DE la. distribution des richesses. 67le fruit que d’une étude longue et coûteuse, cetteétude n’a pu avoir lieu qu’autant qu’on y a consacréchaque annee quelques avances, et le total de cesavances est un capital accumulé. Alors le salaire dutravail n’est plus un salaire seulement : c’est un salaireplus 1 interet des avances que cette étude a exigées ;cet interet est meme supérieur à l’intérêt ordinaire,puisque le capital dont il est ici question est placé àfonds perdu, et ne subsiste pas au-delà de la vie del’homme. C’est un intérêt viager (1).
(1) C est meme plus qu’un intérêt viager des sommes con-sacrées à l’éducation de la personne qui reçoit le salaire :c’est, à la rigueur, l’intérêt viager de toutes les sommesconsacrées au.même genre d’étude , que les talens soient ve-nus ou non à maturité. Ainsi le total des salaires des méde-cins doit payer, outre l’intérêt des sommes consacrées à leursétudes , celles des sommes consacrées à l’instruction des étu-dians morts pendant leur éducation , ou qui n’ont pas ré-pondu aux soins qu’on a pris d’eux ; car la masse actuelle-ment existante des travaux médicinaux n’a pu exister, sansqu’il y a i t eu p er te d’une partie des avances consacrées àl’instruction des médecins. Au surplus , une trop minutieuseexactitude dans les appréciations de l’économie politique estsans utilité, et se trouve fréquemment démentie par les faits,à cause de l’influence des considérations morales dans les faitsd’économie politique; considérations qui n’admettent pas uneprécision mathématique. C’est pourquoi l’application des for-mules algébriques à cette science est tout-à-fait superflue, etne sert qu’à la hérisser de difficultés sans objet, Smith ne lesa pas employées une seule fois.