I(>6 tlVR K II, CHAPITRE 8.
sonner un debiteur, c’est lui ordonner de s’acquitteret lui en ravir les moyens. La loi des Indoux mesemble plus sage : elle donne au créancier le droit dosaisir son débiteur insolvable, de l’enfermer chez luiet de le faire travailler à son profit (i). Mais quelsque soient les moyens dont l’autorité publique se servepour contraindre à payer les dettes, ils sont tous in-eüicaces partout où la faveur peut parler plus hautque la loi : du moment que le débiteur est, ou peutesperer de se mettre au-dessus des atteintes de soncréancier, celui-ci court un risque, et ce risque a unevaleur.
Après avoir dégagé du taux de l’intérêt, ce quitient à une prime d’assurance payée au prêteur commeun équivalent du risque de perdre , en tout ou enpartie, son capital, il nous veste l’intérêt pur et sim-ple , le véritable loyer qui paye l’utilité et l’usage d’uncapital.
Or cette portion de l’intérêt est d’autant plus éle-vée que la quantité des capitaux à prêter est moindre,et que la quantité des capitaux demandée pour êtreempruntés est plus forte; et, de son côté, la quantitédemandée est d’autant plus considérable, que les em-plois des fonds sont plus nombreux et plus lucratifs-Ainsi une hausse dans le taux de l’intérêt n’indiquepas toujours que les capitaux deviennent pl us rares;/
(l) Raynal ? Histoire philosophique y Tome L