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LIVRE II, CHAPITRE 8.de convention préalable, comme lorsqu’un jugementordonne la restitution d’une somme avec les intérêts.Il me semble que ce taux doit être fixé par la loi auniveau des plus bas intérêts payés dans la société,parce que le taux le plus bas est celui des emplois lesplus sûrs. Or la justice peut bien vouloir que le dé-tenteur d’un capital le rende , et même avec les inté-rêts ; mais pour qu’il le rende, il faut qu’elle le sup-pose encore entre ses mains ; et elle ne peut le suppo-ser entre ses mains qu’autant qu’il l’a fait valoir de lamanière la moins hasardeuse , et par conséquent qu’ilen a retiré le plus bas de tous les intérêts.
Mais ce taux ne devrait pas porter le nom d 'intérêtlegal, par la raison qu’il ne doit point y avoir à'inté-rêt illégal, pas plus qu’il n’y a un cours des changesillégal, un prix illégal pour le vin , la toile et les au-tres denrées.
C’est ici le lieu de combattre une erreur bien géné-ralement répandue.
Comme les capitaux, au moment qu’on les prête,se prêtent ordinairement en monnaie, on s’est ima-giné que l’abondance de l’argent était la même choseque l’abondance des capitaux, et que c’était l’abon-dance de l’argent qui fesait baisser le taux de l’intérêt ;de là ces expressions fautives employées par les gensd’affaires : Vargent est rare , l’argent est abondant,tres-analogues au surplus avec cette autre expressionfautive: intérêt de l’argent. Le fait est que 1 abondance