DE LA DISTRIBUTION DES RICHESSES. Il3
ou la rareté de l’argent, de la monnaie , ou de tout cequi en tient lieu , n’influe pas du tout sur le taux del’intérêt ; pas plus que l’abondance ou la rareté de lacanelle , du froment, ou des étoffes de soie. La chosçprêtée n’est point telle ou telle marchandise , ou del’argent qui n’est lui-même qu’une marchandise ; cequ’on prête est une valeur accumulée et consacrée à
un placement.
Celui qui veut prêter, réalise en monnaie la sommede valeurs qu’il destine à cet usage , et à peine l’em-prunteur l’a-t-il à sa disposition, qu’il échange cetargent contre autre chose ; l’argent qui a servi à cetteopération s’en va servir à une autre opération pareille,ou à toute autre opération ; que sais-je, au payementde l’impôt, à la solde de l’armée. La valeur prêtée n’aété que momentanément sous forme de monnaie , demême que nous avons vu un revenu qu’on reçoit etqu’on dépense , se montrer passagèrement sous uneforme semblable , et les mêmes pièces de monnaieservir cent fois dans une année à payer autant deportions de revenus.
De même lorsqu’une somme d'argent a fait passerune valeur de la main d’un prêteur à celle d’un em-prunteur , elle peut aller, après plusieurs échanges ,servir 'a un autre prêteur pour un autre emprunteur,sans que le premier emprunteur soit pour cela dessaiside la valeur qu ila empruntée.
Dans la réalité , c’est donc une valeur qu’on ém-ir. 8