tl4 LIVRE II , CHAPITRE 8.
prunte, et non pas telle ou telle sorte de métal ou demarchandise. On peut prêter ou emprunter en touteespèce de marchandise de même qu’en argent, et cen’est pas cette circonstance qui fait varier le taux del’intérêt. Rien même n’est plus commun dans le com-merce que de prêter et emprunter autrement qu’enargent. Lorsqu’un manufacturier achète des matièrespremières à terme, il emprunte réellement en laineou en coton; il se sert dans son entreprise de la valeurdé ces marchandises , et la nature de ces marchandisesn’influe en rien sur l’intérêt qu’il bonifie a son ven-deur (i). L’abondance ou la rareté de la marchandiseprêtée n’influe que sur son prix relativement auxautres marchandises , et n’influe en rien sur le tauxde l’intérêt. Ainsi quand l’argent est venu à baisser au
(i) II se fait beaucoup de prêts à intérêt qui n’en portentpas le nom et qui n’entraînent pas de transport d’argent. Lors-qu’un marchand en détail remplit sa boutique en achetantau manufacturier ou au marchand en gros, il emprunte àintérêt, et rembourse , soit au terme , soit avant le terme,en retenant l’escompte, qui est la restitution qu’on lui faitde l’intérêt qu’on avait ajouté au prix en lui vendant la mar-chandise. Lorsqu’un négociant de province fait une remise àun banquier de Paris, et plus tard fait une traite sur ce ban-quier, il lui prête pendant le temps qui s’écoule entre l’échéancede sa remise et le payement de sa traite. L’intérêt de cetteavance est payé par le compte d’intérêt que le banquier jointau compte courant du négociant.