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LIVRE II, CHAPITRE 8.jusqu’à des rochers. On voit, dans les Cévennes, dansles Pyrénées, au pays de Vaud,des montagnes entièresqui n’étaient qu’un roc décharné , et qui se sont cou-vertes de cultures florissantes. On a brisé des partiesde ce roc avec de la poudre à canon ; des éclats de lapierre, on a construit à différentes hauteurs de petitsmurs qui soutiennent un peu de terre qu’on y a portéeà bras d’hommes. C’est de cette façon que le dos peléd’une montagne déserte, s’est transformée en gradinsriches de verdure, de fruits et d’habitans. Les capitauxqui furent les premiers employés à ces industrieusesaméliorations, auraient pu rapporter à leurs proprié-taires de plus gros profits dans le commerce extérieur ;mais probablement le revenu total du canton seraitresté moindre.
Par une conséquence pareille, tous les capitauxemployés à tirer parti des forces productives de lanature , sont les plus avantageusement employés. Unemachine ingénieuse produit plus que l’intérêt de cequ’elle a coûté.
L’emploi le plus productif, après celui-là, pour lepays en général, est celui des manufactures et ducommerce intérieur, parce qu’il met en activité uneindustrie dont les profits sont gagnés dans le pays,tandis que les capitaux employés par le commerceextérieur font gagner l’industrie et les fonds de terrede toutes les nations indistinctement.
L’emploi le moins favorable à la nation , est celui des