ia8 LIVRE II, chapitre g.
Le profit territorial dont il est ici question, nestpoint la même chose que la rente de la terre, qui est lerapport de son revenu avec son prix d’achat. Uneterre qui ne donne par arpent que vingt sous deprofit, rapporte autant de rente qu’une terre quidonne cinquante francs par arpent, si chaque arpentde la première a coûté cinquante fois moins que cha-que arpent de l’autre.
Toutes les fois qu’on achète une terre avec un ca-pital , ou un capital avec une terre, on est appelé àcomparer la rente de l’une avec la rente de l’autre.Une terre qu’on achète avec un capital de cent millefrancs, pourra ne rapporter que trois à quatre millefrancs, tandis que le capital en rapportait cinq ousix. U faut attribuer la moindre rente dont on se con-tente en achetant une terre, d’abord à la plus grandesolidité du placement, un capital ne pouvant guèrecontribuer à la production sans subir plusieurs mé-tamorphoses et plusieurs déplacemens, dont le risqueeffraye toujours plus ou moins les personnes qui nesont pas accoutumées aux opérations industrielles ;tandis qu’un fonds de terre produit sans changer denature et sans déplacement. L’attrait et l’agrément qui
dire sans exagération : « Je serai bien aise que mon dis» vienne ici, pour voir un peu par lui-même ce q« e c es t» que l’illusion de croire avoir du bien quand on n’a que des» terres.»