Vil LA CONSOMMATION DIS RICHESSES. I?5Par une conséquence naturelle il faut comprendredans les productions annuelles d’une nation, toutesles marchandises qu’elle importe, et dans sa consom-mation annuelle toutes celles qu’elle exporte. Le com-merce de la France consomme toute la valeur dessoieries quil envoyé aux États-Unis; il produit toutela valeur des cotons qu’il en reçoit en retour ; demême que les manufactures françaises ont consomméla valeur de la soude envoyée , pour ainsi dire, dansla chaudière du savonnier, et qu'elles ont produit lavaleur du savon qui en a été retiré.
La somme des consommations annuelles est touteautre chose que la somme des capitaux d’une nationou d’un particulier. Un capital ou une portion d’uncapital peuvent être consommés plusieurs fois dans lamême année. Un cordonnier achète du cuir, le tailleen souliers, et vend ses souliers ; voilà une portionde capital consommée et rétablie. En réitérant cetteoperation plusieurs fois dans l’année , il consommeautant de fois cette portion de son capital ; si elles’élève à deux cents francs , et qu’il renouvelle lemême achat douze fois dans l’année, ce capital de200 francs aura donné lieu à une consommation an-nuelle de 24 °° francs. D’un autre côté, il y a telleautre partie de son capital, comme ses outils, quin’est entièrement consommée qu’au bout de plusieursannées. Sa consommation n’emporte annuellement