DE LA CONSOMMATION DES RICHESSES. l83en échange de son travail, de même que l’interetqu’on a paye au capitaliste, ont contribué à former lerevenu de ces classes. Ce revenu a pu être à son tourconsommé reproductivement ou non ; ce n’est plus lala consommation reproductive dont il est question ;celle-ci est terminée ; elle a déjà concouru à rétablirle capital ; celle dont vous parlez est une nouvelleconsommation faite dans un but tout différent.
Quant au profit que le chef d’entreprise obtientpour lui-même de l’exercice de son industrie, ce profitdoit de même être assimilé au salaire, aux intérêtsdont il vient d’être fait mention ; il est obtenu enéchange du talent qu’a déployé l’entrepreneur ; c’estle travail de ce chef d’entreprise qui a été consomméreproductivement, et non le profit qu’il a obtenu enéchange de ce travail, lequel sort de toute cette ope-ration de la même manière qu’en est sorti le prix dela matière première qu’on y a employéè. En effet,quand on a acheté de la laine pour faire du drap, est-cele prix de cette laine qui a été consommé ? Non,certes : ce prix, soit qu’il ait été acquitté en argentou en toute autre valeur, est sorti del’opération pourêtre émployé à d’autres usages ; ce n’est pas celaqu’on a consommé pour faire du drap : c’est la mar-chandise , la laine qu’on a obtenue en échange.
Par la même raison, un produit consommé impro-ductivement, et dont la consommation a procuré unejouissance, ne sert jamais à une nouvelle production.