PE LA. CONSOMMATION DES IlICHESSES. l85comme on l’a achetée ; mais c’est en la consommantque la perte se fait, puisqu’une valeur détruite n’existeplus, et ne peut pas se consommer une seconde fois ( i ).
On voit d’ici la grande erreur où tombent ceux quicroyent que ce qui n’entraîne point de perte de numé-raire , n entraîne point de perte de richesses. Ils n’a-perçoivent pas que la perte des richesses n’étant quela perte de valeur survenue dans les choses qu’onpossédé, la monnaie est tout-à-fait hors de la ques-tion, si ce n est pour la légère déperdition que luicause le frottement, et qui altère un, peu sa valeur. Lamonnaie nous sert a échanger par un double échangeles produits que nous ne voulons pas consommernous-mêmes, contre ceux que nous voulons consom-mer; mais ce n’est pas la monnaie elle-même que nousconsommons ; elle sort de nos mains ; elle est peut-être déjà bien loin avant que la valeur qu’elle a ache-tée soit consommée, soit même entamée. Ne pouvantmanger tout notre blé, nous en échangeons une par-tie contre de l’argent, cet argent contre un meuble :c’est comme si nous échangions notre blé contre unmeuble. Ce double échange opéré , la somme d’ar-gent qui nous a servi, n’est plus rien pour nous ; elle
(1) C’est la raison pour laquelle, dans l'économie domes-tique , une mauvaise ménagère détruit bien vite les fortunesbornées. C’est la femme et non le mari qui décide des con-sommations de tous les jours, de celles qui se répètent sousune multitude de formes.