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Tome second.
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1)E LA CONSOMMATION DES RICHESSES. 201

Les jouissances de la table, des jeux, des feux d’ar-tifice , sont au nombre des plus passagères. Je connaisdes villages qui manquent d’eau, et qui consommentdans un seul jour de fête ce qu’il faudrait d’argentpour amener de l’eau et pour élever une fontaine surleur place publique. Leurs habitans aiment mieuxs enivrer en l’honneur de leur patron et aller péni-blement , tous les jours de l’année, puiser de l’eaubourbeuse à la distance d’un quart de lieue. C’est enpartie a la misère, en partie à des consommations malentendues, qu’il faut attribuer la malpropreté qui en-vironne la plupart des habitations des gens de lacampagne.

En général un pays où l’on dépenserait, soit dansles villes, soit dans les campagnes, en jolies maisons,en vêtemens propres, en ameublemens bien tenus,en instruction, une partie de ce qu’on dépense enjouissances frivoles et dangereuses ; un tel pays , dis-je , changerait totalement d’aspect, prendrait un aird’aisance, paraîtrait plus civilisé, et semblerait in-comparablement plus attrayant à ses propres habitanset aux étrangers.

3°. Les consommations faites en commun. Il y adifférons services dont les frais ne s’augmentent pasen proportion de la consommation qu’on en fait. Unseul cuisinier peut préparer également bien le repasd’une seule personne et celui de dix ; un meme foyerpeut faire rôtir plusieurs pièces de viande aussi bien