Band 
Tome second.
Seite
202
JPEG-Download
 

202

LIVRE I II , CHAPITRE /'{.

qu’une seule ; de là 1 économie qu’on trouve dans l'en-tretien en commun des communautés religieuses etciviles, des soldats, des ateliers nombreux ; de là cellequi résulte de la préparation dans des marmites com-munes , de la nourriture d’un grand nombre de per-sonnes dispersées ; c’est le principal avantage desétablissemens connus sous le nom de soupes écono-miques.

4 °- Enfin , par des considérations d’un autre ordre,les consommations bien entendues sont celles qu’a-voue la saine morale. Celles au contraire qui l’ou-tragent, finissent ordinairement par tourner à mal pourles nations comme pour les particuliers; mais les preu-, ves de cette vérité m’entraîneraient trop loin de monsujet.

Il est à remarquer que la trop grande inégalité desfortunes est contraire à tous ces genres de consom-mations qu’on doit regarder comme les mieux enten-dues. A mesure que les fortunes sont plus dispro-portionnées, il y a dans une nation plus de besoinsfactices , et moins de besoins réels satisfaits ; les con-sommations rapides s’y multiplient : jamais les Lu-cullus et les Héliogabales de l’ancienne Rome necrovaient avoir assez détruit, abîmé de denrées; enfinles consommations immorales sont bien plus multi-pliées là où sc rencontrent, la grande opulence et lagrande misère. La société se divise alors en un petitnombre de gens qui se procurent des jouissances