1>F. LA CONSOMMATION DES RICHESSES. 21 >
mais fait naufrage ? Peut-on répondre de n’avoir pointde procès, ou peut-on répondre qu’on le gagnera ?Aucun riche négociant n’a-1-il jamais été victimed’une faillite ou d une fausse spéculation ? Si chaqueannée on dépense tout son revenu , le fonds peutdécroître sans cesse ; il le doit même suivant toutesles prohabilités.
Mais, dut-il rester toujours le même, suffit-il del’entretenir ? Une fortune, fût-elle considérable, de-meure-t-elle considérable lorsqu’elle vient à être par-tagée entre plusieurs enfans ? Et quand même elle nedevrait pas etre partagée, quel mal y a-t-il a 1 aug-menter, pourvu que ce soit par de bonnes voies?N’est-ce pas le désir qu’ont les particuliers d’ajouterà leur bien-être qui, en augmentant les capitaux parl’épargne, favorise l’industrie, rend les nations opu-lentes et civilisées? Si nos pères n’avaient pas eu cedésir, nous serions encore sauvages, et l’on ne saitpas bien encore jusqu’à quel point on peut être civilise.Beaucoup de gens croyent qu’il y a un terme à 1 opu-lence des nations ; j’ai beau le chercher, il m’est im-possible de l’apercevoir.
Parmi les motifs qui déterminent le plus de con-sommations privées, il faut ranger le luxe, qui afourni matière à tant de déclamations, et dont je pour-rais peut-être me dispenser de parler, si tout le mondevoulait prendre la peine de faire l’application desprincipes établis dans cet ouvrage, et s’il n’était pas