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Tome second.
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Ilïï LA CONSOMMATION DES IllCnESSES. 2l5point qui sépare le superflu du nécessaire. Smitli, quile place un peu plus haut que Steuart, puisqu’il ap-pelle choses nécessaires ( necessities ) , non-seulementce que la nature, mais encore ce que les règles con-venues de decence et d’honnêté ont rendu nécessaireaux. dernieres classes du peuple; Smith , dis-je, a eutort de le fixer. Ce point est par sa nature variable.

On peut dire en général que le luxe est l’usage deschoses cheres ; et ce mot cher dont le sens est relatif,convient assez dans la définition d’un mot dont lesens est relatif aussi. Le mot luxe en français réveilleplutôt l’idée de l’ostentation que celle de la sensua-lité (i) : le luxe des habits n’indique'pas que leshabits sont plus commodes pour ceux qui les portent,mais qu’ils sont faits pour frapper les yeux de ceuxqui les regardent. Le luxe de la table rappelle plutôtla somptuosité d’un grand repas, que les mets délicatsd’un épicurien.

Sous ce point de vue, le luxe a principalementpour but d’exciter l’admiration par la rareté, la cherté,la magnificence des objets qu’il étale; et les objets deluxe sont les choses qu’on n’emploie ni pour leurutilité réelle, ni pour leur commodité, ni pour leur

(i) Les Anglais , comme les Latins, n’ont qu’un seul mot(Luxury ) pour exprimer ce que nous appelons luxe etluxure. C’est peut-être à cette circonstance qu’il faut attribuerl’idée de sensualité qu’ils attachent plus que nous aux chosesde luxe k