a'iG LIVRE III, CHAPITRE 5.
agrément, mais seulement pour éblouir les regards etagir sur l’opinion des autres hommes. Le luxe est de1 ostentation, mais l’ostentation s’étend à tous lesavantages dont on cherche à se parer : on est vertueuxpar ostentation ; on ne l’est jamais par luxe. Le luxesuppose de la dépense, et si l’on dit le luxe de Ves-prit, cest par extension, et en supposant qu’on semet en dépense d’esprit quand on prodigue les traitsque l’esprit fournit ordinairement, et que le goûtveut qu’on ménage.
Quoique ce que nous entendons par luxe ait prin-cipalement 1 ostentation pour motif, néanmoins lesrecherches d’une sensualité extrême peuvent lui êtreassimilées : elles ne peuvent pas se mieux justifier, etl’effet en est exactement le même ; c est une consom-mation considérable , propre à satisfaire de grandsbesoins, et consacrée à de vaines jouissances. Mais jene saurais nommer objet de luxe ce qu’un hommeéclairé et sage, habitant d’un pays policé, désireraitpour sa table s’il n’avait aucun convive, pour sa mai-son et son vêtement s’il n’était forcé à aucune repré-sentation. C’est un agrément, c’est une commoditébien entendue et convenable à sa fortune ; mais cen’est pas du luxe.
L’idée du luxe ainsi déterminée, on peut dès à pré-sent découvrir quels sont ses effets sur l’économiedes nations.
La consommation improductive embrasse la satis-