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oisifs et misérables. Alors le riche a des boucles d’or,et le pauvre manque de souliers ; le riche est habilléde velours, et le pauvre n’a pas de chemise.
Telle est la force des choses, que la magnificencea beau vouloir éloigner de ses regards la pauvreté, lapauvreté la suit opiniâtrement, comme pour lui re-procher ses excès. C’est ce qu’on observait à Ver-sailles , à Rome, à Madrid, dans toutes les cours; c’estce dont la France a offert en dernier lieu un tristeexemple, a la suite d’une administration dissipatriceet fastueuse, comme s’il avait fallu que des principesaussi incontestables dussent recevoir cette terribleconfirmation (i).
(i) D’autres considérations encore concourent à expliquerl’atmosphère de misère qui environne les cours. C’est là ques’opère en grand la plus rapide des consommations, celle desservices personnels, lesquels sont consommes aussitôt queproduits. Sous cette dénomination, il faut comprendre leservice des militaires, des domestiques , des fonctionnaires,utiles ou inutiles, des ecclésiastiques, gens de robe, acteurs,musiciens, bouffons de société, et de tout ce qui entoure lecentre d’un grand pouvoir administratif ou judiciaire , mili-taire ou religieux. Les produits matériels eux-mêmes y sem-blent plus dévoués qu’ailleurs à la destruction. Les mets lins,les étoffes magnifiques, les ouvrages de mode, viennent àl’envi s’y engloutir ; rien , ou presque rien , n’en sort.
Encore si les valeurs considérables qui , nées sur toute lasurface industrieuse d’un vaste territoire, vont se consommerdans les cours , s’y reparlissaient avec une sorte d équité ,