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LIVRE III, CHAPITRE 5.
funestes du pays auquel on est attaché par la nais-sance , par la fortune, par les affections, soumettentà leur influence jusqu’aux personnes les plus sages,les mieux en état d’en apprécier le danger et d’enprévoir les tristes conséquences. Il n’y a qu’un bienpetit nombre d’hommes d’un esprit assez ferme etd une fortune assez indépendante, pour pouvoir n’agirque d’après leurs principes , et n’avoir de modèlesqu eux-mêmes. Ils font malgré eux partie de cettefoule insensee qui court à la ruine en cherchant lebonheur ; je dis insensée, car il ne faut pas avoirbeaucoup de philosophie pour s’être aperçu qu’unefois que les besoins ordinaires de la vie sont satisfaits,le bonheur ne se rencontre pas dans les vaines jouis-sances du luxe, mais dans l’exercice modéré de nosfacultés physiques et morales.
Les personnes qui, par un grand pouvoir ou degrands talens, cherchent à répandre le goût du luxe,conspirent donc contre le bonheur des nations. Siquelque habitude mérite d’être encouragée dans lesmonarchies comme dans les républiques, dans lesgrands états comme dans les petits, c’est uniquementl’économie. Mais a-t-elle besoin d’encouragement ? nesuffit-il pas de n’en pas accorder à la dissipation enl’honorant ? Ne suffit-il pas de respecter inviolable-ment toutes "les épargnes et leurs emplois, c’est-à-dire , l’entier développement de toute industrie quin’est pas criminelle ?