I>E LA. CONSOMMATION DES RICHESSES. ' 21 3
En excitant les hommes à dépenser, dit-on, on lesexcite à produire : il faut bien qu’ils gagnent de quoisoutenir leurs dépenses. — Pour raisonner ainsi, ilfaut commencer par supposer qu’il dépend des hom-mes de produire comme de consommer, et qu’il estaussi facile d augmenter ses revenus que de les man-ger. Mais quand cela serait, quand il serait vrai deplus que le besoin de la dépense donnât l’amour dutravail (ce qui n’est guère conforme à l’expérience),on ne pourrait encore augmenter la production qu’aumoyen d’une augmentation de capitaux, qui sont undes elemens necessaires de la production ; or les capi-taux ne peuvent s’accroître que par l’épargne , etquelle épargne peut-on attendre de ceux qui ne sontexcités a produire que par l’envie de jouir?
D’ailleurs quand l’amour du faste inspire le désirde gagner, les ressources lentes et bornées de la pro-duction véritable suffisent-elles à l’avidite de ses be-soins? Ne compte-t-il pas plutôt sur les profits rapideset honteux de l’intrigue , industrie ruineuse pourles nations, en ce qu’elle ne produit pas, mais seu-lement entre en partage des produits des autres ? Dèslors le fripon développe toutes les ressources de sonméprisable génie; le chicaneur spécule sur l’obscuritédes lois ; l’homme en pouvoir vend à la sottise et àl’improbité, la protection qu’il doit gratuitement aumérite et au bon droit. J’ai vu dans un souper, ditPline, Paulina couverte d’un tissu de perles et d’éme-