23o LIVRE III, CHAPITRE 6.
lui revenaient sous d autres formes, et l’on s’est ima-giné le prouver lorsqu’on a dit : Ce que le gouverne-ment ou ses agens reçoivent , ils le restituent en ledépensant. C est une erreur, et une erreur dont lessuites ont été déplorables en ce qu’elles ont entraînéd’énormes dilapidations commises sans remords. Lavaleur fournie par le contribuable est livrée gratui-tement ; la valeur restituée par le gouvernement nçl’est pas gratuitement : il en achète des objets de con-sommation , des produits j mais il faut qu’on les luilivre ; c’est un troc qui se fait à prix débattu, et où onlui donne valeur pour valeur (i). La société ne gagnepas plus la somme d argent qu’un fonctionnaire pu-blic lui reverse , qu elle ne 1 avait perdue lorsque lecontribuable avait acheté cette somme au moyen deses produits, dans la vue d’acquitter ses contribu-tions ( 2 ).
(1) Le gain d’un producteur qui vend au gouvernementn’est pas dans l’argent qu’il en reçoit, il est dans le produitqu’il lui cède , dont la valeur comprend tous les frais de pro-duction qu’il a exigés, et par conséquent les profits de tousles producteurs. Le gain que fait le vendeur avec le gouver-nement il l'aurait fait avec un autre ; car si la valeur de lacontribution n’avait pas passé entre les mains du gouverne-ment , elle n’en aurait pas moins été dépensée : on a vu , ch. 1de ce Livre III, que tout ce qui est produit se consomme,même les valeurs épargnées pour servir à usage de capital.
C 2 ) Qu’un capitaliste ou un propriétaire dont les revenusconsistent dans l’intérêt d’un capital prêté , ou dans un fer-