Band 
Tome second.
Seite
236
JPEG-Download
 

a36 LIVRE III, CHAPITRE 6.

Les saines tdees d économie étaient encore telle-ment étrangères aux meilleures têtes, même dans leXVIII e siecle , que le roi de Prusse , Frédéric, II,homme si avide de la vérité , si capable de la sentir,si digne de la protéger, écrivait à Dalembert pourjustifier ses guerres : « Mes nombreuses armées font» circuler les espèces et répandent dans les provinces» avec une distribution égale, les subsides que les» peuples fournissent au gouvernement ». Non, en-core une fois les subsides fournis au gouvernementpar les provinces , n’y retournent pas. Soit que lessubsides soient payes en argent ou en nature, ils sontchangés en munitions de guerre ou de bouche, et sous

tares, des dorures ; et consommés sous cette dernière formepour satisfaire la vanitc d’un seul homme. L’argent n’a servilà-dedans que comme denrée auxiliaire propre à faciliterl’échange des produits des contribuables contre des maté-riaux , etc. ; et le résultat de cette prétendue circulation a étéla destruction d’une valeur de 900 millions, en compensationde laquelle on a un palais à réparer sans cesse et des jardinepour se promener.

Les terres mêmes, quoique moins fugitives que l’argent, seconsomment ou du moins leur valeur. J’ai entendu dire quela France après la révolution n’avait rien perdu par la ventede ses biens nationaux , parce qu’ils avaient passé tous entreles mains des Français; mais les capitaux payés à l’état pourle prix de cette acquisition, sont sortis des mains des acque-reurs : où sont-ils maintenant ? Ils sont consommes, ils sont