DE LA CONSOMMATION DES BICHESSES. 9.3 Jcelte forme, consommes , détruits , par des gens quine les remplacent pas, parce qu’ils ne produisent au-cune valeur (i). Il fut heureux pour la Prusse, que lesactions de Frédéric II ne fussent pas conséquentes àses principes. Il fît plus de hien à son pays par l’éco-nomie de son administration, qu’il ne lui fît de malpar ses guerres.
Si les consommations faites par les nations, ou parleurs gouvernemens, qui les représentent, occasion-nent une perte de valeurs et par conséquent de riches-ses, elles ne sont justifiables qu’autant qu’il en résulte
(i) Pour 1’approvisionnemeut d’une armée , deux valeursentrent dans les mains du gouvernement ou de ses agens :i°. la valeur des subsides payés par les sujets ; 2 °. la valeurdes approvisionnemens procurés par les fournisseurs. Ceuxqui fournissent la première de ces valeurs (les contribuables)ne reçoivent point de compensation ; ceux qui fournissent laseconde ( les fournisseurs ) reçoivent une contre-valeur, quiest leur payement ; mais cette contre-valeur ne suffit paspour que les écrivains soient autorisés à dire que le gouver-nement rend d’une main ce qu’il reçoit de l’autre ; qu’il n’ya dans tout cela qu’une circulation, et que la nation n’a rienperdu. Ce que le gouvernement a reçu est égal à 2 , ce qu’ila restitué est égal seulement à t. La perte de la seconde unitétombe sur le contribuable , et comme les fortunes réunies detous les contribuables forment la fortune de la nation, la for-tune nationale est diminuée de tout le montant des consom-mations faites par le gouvernement, moins ce que le gouver-nement a reproduit par les etablissemens publics , ainsi quenous le verrons au paragraphe suivant.