a58 livre HI, chapitre 6.
grand nombre de bestiaux, qu’il se livre à une ex-ploitation plus compliquée et qui l’occupe même dansles intervalles que lui laisse le développement desgermes (i).
Le manufacturier, le commerçant, peuvent encoremoins sacrifier un temps et des facultés dont toutes lesportions, sauf les instans de relâche, sont nécessairesà la production qui soutient leur existence.
Les propriétaires des terres affermées pourraientencore, a la vérité, faire la guerre à leurs dépens, ete*est bien ce que font jusqu a un certain point les no-bles dans les monarchies ; mais la plupart des pro-priétaires , accoutumés aux douceurs de la civilisa-tion , n’éprouvant jamais les besoins qui font conce-voir et exécuter les grandes entreprises, peu suscep-tibles de cet enthousiasme qu’on n’éprouve jamaisseul, et qui ne peut être général dans une nationnécessairement occupée; les propriétaires, dis-je,ont dans cet ordre de choses toujours préféré de con-tribuer à la défense de la société plutôt par le sacrifice
(i) Les Grecs, jusqu’à la seconde guerre des Perses, etles Romains, jusqu’au siège de Veïes , fesaient leurs expédi-tions militaires entre les semailles et les moissons. Les peu-ples chasseurs et pasteur^, comme les Sauvages , les Tar-tares, les Arabes, n’ont presque point d’arts et point d’agri-culture ; ce qui leur permet de porter la guerre partout ouils trouvent des pâturages et du butin. De là les vastes con-quêtes d’Attila, de Gengis-Kan, de Tamerlan.