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Tome second.
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DE LA CONSOMMATION DES RICHESSES. 2UJ

des passions, on trouvera qu’une conquête ne vautjamais ce qu’elle a coûté.

Lorsqu on fait la conquête d’une province ou d unpays entier, la nation conquérante s’empare des re-venus publics de la nation conquise, mais en mêmetemps elle demeure chargée de ses dépenses publi-ques ; autrement la nation conquise n’aurait plus niadministration, ni justice, ni défense, ni établissemenspublics , et elle échapperait à ses conquérans par sadésorganisation même. 1

Il est bon de remarquer que les dépenses publiquesdoivent même monter plus haut dans un pays qui apassé sous une domination étrangère, que sous ungouvernement indigène. Qui envoye-t-on pour le gou-verner ? des proconsuls, des vice-rois chez qui la cu-pidité naturelle se trouve rarement balancée par dessentimens nobles. Pourquoi ménageraient-ils^les hom-mes qu’ils gouvernent? ce ne sont pas leurs compa-triotes. Que leur importe leur amour et leur estime ?ils ne séjourneront que passagèrement parmi eux ; ilsaiment bien mieux se livrer aux impulsions de leurscaprices et de leur avidité, jouir et amasser; et pourfaire tolérer leurs déprédations, les autoriser danstoutes les parties de l’administration. De là l’épuise-inent d’une province, le déclin de son industrie, desa population, de ses richesses, de ses forces.

Ainsi un pays conquérant 11e retire d’une provinceconquise que le montant des déprédations que ses