2 64 T.rVRE III, CHAPITRE G.
agens y commettent, pourvu même qu’ils ne dissipentpas à mesure tout entier le montant de leurs dépré-dations , et qu’ils en rapportent chez eux une partie.C’est là tout ce que l’Inde rapporte aux Anglais.
Lorsqu’on laisse au pays conquis son administrationpropre, le pays conquérant en retire un subside quin’est jamais bien considérable, et qui ne dure paslong-temps ; car un peuple conquis ne peut pas four-nir beaucoup au-delà de ses propres consommationspubliques, et s’affranchit d’un pareil tribut à la pre-mière occasion favorable.
Lors donc qu’une nation a accru par des conquêtesson territoire, sa population, ses impôts d’un cinquiè-me , il ne faut donc pas croire qu’elle ait accru sa puis-sance dans la même proportion ; car ses charges sonten même temps plus fortes ; et si l’on considère queplus un pays est vaste, moins il peut être bien admi-nistré ; si l’on considère qu’il est plus difficile à dé-fendre contre les entreprises du dehors et contrecelles du dedans, et qu’il engendre tous les abus dansson sein en même temps qu’il éveille toutes les jalou-sies au-dehors, on ne sera plus surpris que les étatss’affaiblissent en s’agrandissant ; vérité qui aurait l’aird’un paradoxe, si elle n’était pas un fait.
Telle est la guerre sous le rapport de l’économiepolitique. Je laisse au moraliste le soin d’apprécierce qu elle coûte à la morale et à l’humanité ; de pein-dre les regrets qu’un fils coûte à son père, un ami à