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QUARANTE-DEUXIEME ÉTUDE.
pides ; arbre plus petit que le Mûrier noir, originaire de laChine, presque spontané dans le midi de la France, où onle cultive pour l’éducation des vers à soie. Le Mûrier blancest, en effet, le seul arbre dont les feuilles puissent nourrirla chenille de ce précieux Bombyx. Deux missionnairesgrecs , envoyés secrètement en Chine par l’empereur Justi-nien , l’introduisirent en Europe dans le \T siècle ; ils appor-tèrent à Constantinople des graines de Mûrier, et des œufsde vers à soie, renfermés dans un bâton creux. La culturedu Mûrier se répandit bientôt dans le Péloponèse, et htdonner à cette partie de la Grèce son nom moderne deMorèe [Monts]. De là les Mûriers et les vers à soie passèrenten Sicile et en Italie, et prirent clans la Calabre une exten-sion rapide. Quelques gentilshommes français, qui avaientfait la guerre en 1494 , sous Charles VIII, ayant compristous les avantages que l’Italie retirait de cette branched’agriculture, voulurent en doter leur patrie, et rapportèrentde Naples des Mûriers, qu’on planta danslaProvence et dansle Dauphiné. Charles VIII encouragea les soieries quis’étaientétablies à Lyon et à Tours. Henri IV, malgré la résistancede Sully, établit de nombreuses plantations de Mûriers , etconvertit en pépinière son jardin des Tuileries. Le grandministre Colbert alla plus loin : il fit planter des Mûriers auxfrais de l’État dansdes propriétés particulières; mais les par-ticuliers acceptèrent avec répugnance une richesse qui leurétait imposée par l’arbitraire, et les plantations furent négli-gées ; alors Colbert fit annoncer qu’il paierait une prime de24 sols pour tout arbre qui aurait atteint l’âge de trois ans :la prime fut exactement payée, et dès lors la culture duMûrier se répandit rapidement dans les provinces du midiet du centre de la France.
Genre Figuier. Fleurs nombreuses très petites, renfer-