dire, que l’union exemplaire, que j’avois re-marquée depuis que j’étois à Bâle, entre lesdiverses classes de bourgeois, et la nouvellepreuve que j’en avois sous les yeux dans lemoment, me donnoient l’idée d’un bonheur,que j’avois ignoré jusqu’alors, et qui me pa-roissoit digne d’envie. Notre dialogue finitlà; et je vis qu’on étoit assez content demoi. Nous ne tardâmes pas ensuite à nouslever, après une chère abondante, mais sansrecherche. Quant au vin, qui se trouva dela meilleure qualité, on en but précisémentassez, pour donner à la compagnie le degréde gaieté convenable. Ce fut, en tout, unefort agréable partie.
Resté ensuite pendant quelques mo-mens seul, je réfléchis sur ce qui arrivecommunément dans tous les gouvernemensrépublicains. Ne pouvant me déguiser que,tôt ou tard 1 , on y voit quatre ou cinq per-sonnages s’emparer presque exclusivementde la direction des affaires, soit par une su-périorité réelle ou apparente de talens, soitpar un concours de circonstances heureuses ;je revins sur la réponse de mon voisin, lesénateur, et ne pus m’empêcher de la trou-ver plus juste et plus digne d’être pesée,
qu’elle